Flash Back°
[La rencontre. La découverte de l'autre. Le coup de foudre]
Tu l'avais rencontré dans une foule de personnes, nouvelles et connues, quelques jours après la rentrée de Terminal. Un nouvel élève parmi tant d'autres, tu n'avais rien perçu en travers de son visage, simplement parce que tu n'avais pas cherché. Il ne te paraissait pas être hors du commun comme devait l'être un prince charmant, pour toi ça devait se voir au premier coup d'½il. Seulement ton passé amoureux avait changé ta vision des choses, et tu étais dorénavant sur la défensive, ne cherchant plus le prince charmant, persuadée qu'il n'existait finalement pas. Il était donc pour toi comme tous les autres, une dose de souffrance. Tu n'aurais cependant jamais imaginé cela... Un samedi soir d'Octobre, alors que le vent hurlait sa colère, tu attendais de pouvoir traverser cette rue qui le séparait de toi. Le visage pâle, les yeux cernés par la maladie, des vêtements choisis à la dernière minute, il te regardait pourtant différemment. Ton c½ur avait fait un bond, toi aussi tu l'avais regardé différemment, mais inconsciemment tu avais interdit à ton c½ur de s'emballer. Il était pris, avec elle, depuis 16 mois déjà, puis tu étais toujours sur ta défensive de marbre. Tu avais donc effacé ce que ton c½ur s'était imaginé l'espace d'une demi seconde. Enfin de l'autre côté de la route, tu lui dis bonjour d'une bise habituelle mais troublante. Tu réprimandas ton c½ur. Les autres vous attendaient, une fois la bise faite à chacun, ils entrèrent. Vous vous étiez assis sur la marche devant le Farafina pour fumer une cigarette. La nuit commençait à tomber, les lumières qui illuminaient et donnaient vie à la rue caressaient vos visages. Tu étais contente d'être là. Vous aviez passé la soirée autour d'une table basse, collés sur des canapés rouges et des chaises en bois. Il était à ton opposé, le sourire toujours aux lèvres. Tu pensais alors qu'il était content d'être là. Tu admirais sa présence et son charisme, d'un simple sourire il assourdissait la pièce, à moins que ce n'était toi... Tu le regardais faire son show, participait de temps en temps mais restais absorbée par son physique grossier imposant. Au premier coup d'½il, il t'avait donc paru «grossier», tu n'avais pas trouvé de mot pour le qualifier, finalement il t'avait déjà peut-être quelque peu intrigué... Tu n'avais pas essayé de chercher plus loin, trop désespérée. Mais là, contre ton gré, contre la promesse que tu t'étais faite à toi même de ne jamais revivre un enfer, ton esprit se figeait et s'ancrait à l'intérieur de lui comme si tu pouvais voir dans un livre ouvert. Dans ses yeux de grand blagueur, tu perçus la fragilité la plus humaine qui soit, voire plus fragile que la tienne. Tu percevais une âme qui souffrait et se cachait derrière une apparence d'homme grand et puissant. Tu voyais en effet son énorme c½ur en or qui battait au rythme de la soirée et sa puissance à cacher sa tristesse, sa faiblesse. Il te fascinait... L'heure avançait, étant malade depuis plusieurs jours tu t'étais décidée à bien profiter de cette sortie imprévue. L'alcool t'était vite montée à la tête, modérément bien sûr, il ne t'en avait pas fallu beaucoup mais assez pour être encore plus joyeuse. Tu voyais qu'il t'observait de temps à autre, tu te demandais si il était aussi simple de voir en toi qu'en lui, ça te fit peur, tu ne souhaitais pas qu'il puisse lire ce que pleurait ton c½ur. Tu refermais avec d'autant plus de précaution les verrous qui emprisonnaient ton malheur, ta peur de la vie ne le concernait en rien, tu souhaitais donc garder cela pour toi. Tu fus à ce même moment prise de culpabilité, peut être que lui non plus ne voulait pas être mis à nu alors que tu t'étais permis de le scruter, c'était horriblement impoli. Tu fis au mieux pour oublier, mais il t'attirait de plus en plus. Puis arriva ce moment, où sans plus ou moins t'en rendre compte tu avais fait en sorte de ne l'avoir rien que pour toi, dans les marches du Farafina. Il avait les yeux noyés dans les tiens pendant que vos corps se rapprochaient l'un de l'autre, comme aimantés. Tu avais pris son visage dans une de tes paumes, tu voulais voir plus loin. Lui aussi, voulait voir plus loin, tu l'avais senti à son bras qui venait d'entourer ta hanche. Il avait donc lu en toi, en ton intérieur le plus caché, comment avait-il fait... Une sorte de bulle vous avait englobé, le monde alentour en était devenu incroyablement flou. Il faisait alors noir, tes yeux s'étaient clos, pour mieux apprécier le baiser que tu étais en train de lui offrir. Puis une lumière, l'orage, l'éclair, le coup de foudre... Et de nouveau le noir, tu lui avais tout montré, avec ce baiser. Il avait donc ressenti cette nouveauté que fut ce moment pour toi, tu lui avais déjà avoué que tu l'aimais... Parce que oui, tu l'aimais déjà... Quand tu t'en étais rendu compte, tu fus sous le choc, désarçonnée de voir à quel point il t'avait envoûtée, ça t'avait fait agréablement peur, ce qui te déstabilisa d'autant plus. Tu étais tombée amoureuse, en une demie seconde.